Faire du sirop d'érable d'exception dans sa cours arrière: le goût du changement selon la Sucrerie des jaseurs

by Dominique Bernier,

Récipiendaire de la médaille de bronze 2018 et classé sirop d’exception par le plus grand concours de dégustation organisé par la Fondation de la Commanderie de l’érable, la Sucrerie des jaseurs fait officiellement partie de ceux qui redéfinissent l’acériculture au Québec.

Son propriétaire, Benoit Tessier, est un acériculteur amateur passionné qui ne ménage pas les efforts pour perfectionner son art. Il gère, avec l’aide de parents et amis, quelque 200 entailles en flanc de montagne, derrière sa résidence de Cantley.

Sa cabane à sucre de 128 pieds carrés (12m2) a été faite sur mesure. Il y a ajouté un évaporateur alimenté par un poêle à bois.

Érablière en flanc de montagne
alt textL'intérieur de la cabane est rustique et convivial

Avec les années, il a réussi à diminuer ses efforts opérationnels en créant un système de collecte d’eau d’érable qui utilise la gravité, sans endommager les érables au-delà de la mise en place de chalumeaux.

Benoit a installé des points de collecte d’eau à différents endroits sur son érablière. Les points de collecte sont reliés par un tuyau d’un pouce. En utilisant l’angle offert par la montagne, l’eau d’érable ajouté au point de collecte converge dans un tuyau commun vers un bassin situé plus bas. Le bassin, à quelques mètres derrière la cabane, demeure surélevé par rapport à cette dernière et est directement relié à l’évaporateur.

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Le système mis en place par Benoit facilite le contrôle du débit d’eau d’érable à bouillir, lui donnant la quantité voulue au moment voulu. Pour Benoit, la gestion de l’évaporation d’eau d’érable est cruciale dans le processus, puisqu’elle lui permet d’atteindre la densité de sucre recherchée et façonner le goût de son produit final.

Dans la vidéo ci-dessous, il explique les rudiments de son système et le fonctionnement de son évaporateur.

Micro érablières et Appellation d’origine contrôlée (AOC)

Pour Benoit, le sirop d’érable est bien plus qu’une simple sucrerie. Le sirop d’érable fait partie de notre identité, de notre bagage culturel et on a tendance à l’oublier, dit-il. Voilà pourquoi il s’est fait un point d’honneur de revaloriser cette grande richesse du terroir québécois.

Dans un objectif de développement durable, il s’enorgueillit de produire un sirop biologique issu d’une récolte manuelle, sans osmose. Sa passion pour l’acériculture l’a amené à vouloir créer un modèle de qualité et d’innovation afin d’établir de nouveaux standards dans l’industrie.

Je suis convaincu que les innombrables subtilités et vertus de ce sucre naturel sont encore trop méconnues et propres à chaque milieu de culture. J’aimerais un jour participer à la création d’une appellation d’origine contrôlée pour le sirop d’érable. - Benoit

Benoit est convaincu que les petits acériculteurs ont l’opportunité de se démarquer en créant des produits au goût unique. Établir des appellations d’origine contrôlées pourrait, selon lui, apporter un souffle nouveau à cette industrie qui semble contrainte au Statu Quo au Québec. Il partage l’idée que le sirop d’érable devrait être élevé au même rang que les produits dits nobles, tels que le vin ou les spiritueux.

À la manière d’un grand vin, le sirop d’érable devrait être observé, dégusté et comparé, tout en tentant de déceler les saveurs, les subtilités et les arômes propre à chaque coulée. - Benoit

L’établissement d’appellations d’origine contrôlées pourrait permettre une certaine émancipation des micros acériculteurs (qui comptent moins de 300 entailles). En créant des expériences gustatives d’exceptions, ils auraient l’occasion d’offrir une alternative de qualité aux productions industrielles, tout en stimulant l’intérêt du consommateur bien au-delà du sirop en conserve.

Il n’est pas exagéré de dire qu’un vent de renouveau se dessine dans l’industrie et la Sucrerie des jaseurs en fait partie. Il y a de plus en plus de micros producteurs qui essaient de nouvelles méthodes et proposent des sirops de grande qualité, explique Benoit, il y a un marché pour ça, ajoute-t-il.

Bien que le potentiel économique d’une centaine d’entailles puisse sembler modeste, il se calcule néanmoins en milliers de dollars. En général, le sirop produit par les micros producteurs est vendu aux parents, amis ou connaissances. Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux sont les principaux canaux de mise en marché privilégiés. Le potentiel économique de ces petits acériculteurs reste donc encore sous-exploité, faute de moyens pour vendre et distribuer facilement, rapidement et efficacement leur sirop.

Technologies numériques et commercialisation de petites productions

Avec internet et les plus récentes avancées du commerce électronique, les individus ont maintenant à leur disposition des outils qui leur permettent d’opérer adéquatement la mise en marché de produits et de services autrefois réservés exclusivement aux professionnels ou aux entreprises.

Le commerce en ligne du sirop d’érable serait-il une solution pour freiner la perte des parts de marché des acériculteurs québécois au détriment de leurs voisins américains? Nous croyons que la question mérite d’être posée et surtout, que des alternatives soient proposées.

Au Québec, il peut être difficile d’opérer et commercialiser une production acéricole à l’extérieur du joug de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec. Un rapport de 2015 démontre que cette structure rigide doit s’adapter aux changements.

L’arrivée d’acériculteurs comme Benoit, qui produisent des sirops d’exceptions et qui commercialisent leurs produits en ligne, fait partie des changements en cours. Des solutions adaptées à leurs besoins sont donc nécessaires pour soutenir la pérennité de leurs activités.

Pour vendre son sirop, Benoit préconise Facebook, l’outil qui rejoint le plus grand auditoire et RakeAround, une plateforme de commerce en ligne pour produits hyperlocaux.

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Vendre vos produits de l’érable en ligne

Devenir un producteur et vendre en ligne sur RakeAround peut se faire en moins de 5 minutes et quelques clics. Une fois votre profile producteur complété et que votre marché est ouvert, il ne vous reste qu’à utiliser la fonctionnalité de partage pour vous afficher sur vos réseaux sociaux favoris et augmenter la visibilité de vos produits.

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Recevoir des demandes d’achats

En partageant votre profile producteur sur Facebook, vous pouvez cibler un auditoire précis (par exemple, les gens de votre ville). Ainsi, votre public cible aura accès instantanément à vos produits en un clic et les personnes intéressées pourront placer une demande d’achat en ligne. Une fois que vous acceptez la demande d’achat, il ne vous reste qu’à établir les termes de la remise du produit (où, quand, comment) directement avec votre client, en utilisant la messagerie RakeAround. Lorsque la transaction est conclue, le paiement est transféré dans votre compte bancaire.

Favoriser la proximité

Pour vraiment optimiser vos ventes: plus c’est proche, mieux c’est! Cela vous fera économiser du temps et de l’argent quand il s’agira de remettre les achats à vos acheteurs.

Créez des expériences et démarquez-vous

Tel que Benoit l’a démontré, la production issue d’une centaine d’entailles vous donne l’opportunité de vous distinguer par la création d’un sirop d’une grande qualité. En faisant connaitre vos pratiques, le goût et les subtilités uniques de vos produits, vous créez un lien personnalisé avec vos clients et serez ainsi en mesure de façonner des expériences authentiques.

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About the author
Dominique Bernier

Dominique is the co-founder of RakeAround. For him, demographic trends, the democratization of technology and the personalization of food will shape food systems of the 21st century.